La sémiotique et les sciences I.

Biologie, Éthologie et Sémiotique 

Les vivants et leur environnement

Milieu, habitat, territoire, espace familier

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Le XXXVIIIe colloque d’Albi, faisant suite aux problématiques des formes de vie et du développement durable – ces dernières abordées au cours des éditions de 2015 et 2016 –, vise à approfondir l’interaction entre les existants et l’espace en tant que champ de stabilité de la vie (Vernadsky, 1926).

À la rencontre entre biologistes, éthologues et sémioticiens revient la tâche d’interroger l’environnement à différentes échelles du sens : biologique, en tant qu’espace des organismes, éthologique, en tant qu’espace comportemental des animaux et sémiotique en tant qu’espace des pratiques anthropiques. Les régimes d’interaction qui peuvent s’établir entre les vivants et entre eux et leurs environnements sont multiples et reliés par des emboîtements et des boucles de rétroactions.

***

Articulation de la problématique

1. Le milieu : l’espace des espèces

Introduite par von Uexküll, la notion de milieu (Umwelt 1) vise la manière de vivre l’espace selon les espèces vivantes. Nous nous proposons d’étendre d’abord le concept de milieu à l’espace vécu par les micro-organismes, les animaux et bien évidemment les humains.

Par rapport à la notion plus générale d’environnement, celle de milieu vise à saisir l’espace par les saillances perceptives et motrices propres à des espèces vivantes. Les individus des différentes espèces partageraient ainsi un même environnement, mais pas le même milieu. Loin d’être une donnée objective, le milieu est donc le résultat d’une mise en perspective de l’espace par l’expérience corporelle, à la fois perceptive, motrice et communicative d’une espèce. Une telle vision non anthropocentrique – fondée sur le relativisme biologique (par la conformation des corps vivants), éthologique (par la variété des comportements) et sémiologique (par les modalités de perception et communication avec l’environnement) – est l’objet d’étude de ce colloque, le but étant de construire un dialogue entre les trois disciplines convoquées en déclinant le concept d’environnement en milieu, habitat, territoire et espace familier  (Axe 1).

 

2. L’habitat : le croisement des milieux

L’apprentissage par l’interaction et la mémorisation de l’expérience permet aux vivants de s’adapter aux changements de l’environnement. En tant qu’expérience, à la fois sensori-motrice, perceptive et communicative, toute adaptation présuppose une sorte de mémoire – aussi bien phylogénétique qu’ontogénétique – de l’interaction à l’environnement (cf. l’énaction de Varela, 1992).

Dans les stratégies de permanence d’une espèce, cette mémoire est essentielle, car elle permet de stabiliser un schéma d’action et donc un comportement grâce d’une part à la réponse ou à l’interprétation des actions des autres existants, et d’autre part par la reconnaissance et la localisation des formes prégnantes qui sont présentes dans le milieu, comme la nourriture, le prédateur ou le partenaire (cf. R. Thom 1990). Par la tonalité actantielle de l’espace – acception que von Uexküll emploie pour le couplage entre la perception et l’action –, un chêne sera perçu alors comme un ‘abri’ pour le renard, le ‘lieu de naissance’ pour la bostryche qui y pond ses œufs, un espace de ‘chasse’ pour le pic qui se nourrit des larves de bostryche… Bref, ce lieu unique, commun à plusieurs espèces jusqu’aux micro-organismes logés dans le chêne, devient un habitat en tant que lieu de croisement des points de vue et des actions des espèces par les milieux qu’il abrite.

 

3. De l’adaptation des espèces à l’adaptation de l’espace

La relation entre les vivants et l’habitat qui les accueille participe de deux directions distinctes et contraires : d’une part l’adaptation à l’habitat implique une échelle de variation des vivants qui va du changement des comportements des individus jusqu’aux mutations du corps propre de l’espèce (la problématique de la variabilité de l’espèce chez Darwin et celle morphologique chez Lorenz) ; d’autre part, la transformation de l’espace par les individus, en fonction de leurs exigences biologiques et comportementales, favorise la survie et la pérennité de l’espèce et génère de nouveaux environnements (cf. Baldwin, 1896 et le rôle moteur du comportement dans le guidage de l’évolution ; Axe 2).

L’environnement sauvage, ce que nous appelons d’habitude la nature, a été adapté en partie par l’espèce humaine et transformé en milieu anthropique. Il faut pourtant observer qu’actuellement ce sont ces mêmes dynamiques visant l’optimisation de l’environnement anthropique qui ont conduit les sapiens à déstabiliser le climat et, par conséquent, le champ local et global de stabilité de la vie. Ce modelage de l’habitat à l’échelle de l’espèce humaine, produit par la domination sur les autres espèces, la domestication de l’espace sauvage, l’appropriation de l’étendue terrestre et le contrôle de l’espace aérien et maritime, aboutit à l’élargissement des milieux anthropiques sur l’étendue des environnements terrestre, océanique, aérien jusqu’à l’espace extra-terrestre offert à la colonisation : ce milieu est celui de l’œkoumène (cf. Berque, 2000).

 

4. Le territoire : l’appropriation de l’espace

L’installation et la migration constituent les deux alternatives d’occupation ou de transition des espèces vivantes : la première étant spécifique des formes de vie sédentaires, la seconde des formes de vie nomades ou des espèces migratoires qui, n’ayant pas pu s’adapter ou obligées par la recherche de la nourriture ou des conditions optimales de reproduction, se dirigent vers un autre territoire. Ce qui donne origine aux mouvements de territorialisation, déterritorialisation et reterritorialisation (cf. Deleuze et Guattari 1980).

L’approche par le milieu nous invite à réfléchir sur les modes d’adaptation de l’espace pour transformer l’habitat en territoire. C’est dans cet espace empirique, parcouru au quotidien par les individus d’espèces différentes – cet espace que von Uexküll appelle familier –, que s’accomplit l’appropriation par le marquage du territoire. À travers la multiplication de signaux – olfactifs, auditifs, tactiles, visuels, gustatifs ou posturaux et gestuels – les actions d’appropriation visent différents degrés de privatisation de l’espace, comme celui de la chasse ou de la reproduction, et conduisent souvent à des conflits entre les individus de la même espèce ou appartenant à des espèces différentes, pour le contrôle du territoire, et  à la sélection des individus d’une espèce. L’appropriation et la délimitation de l’espace intime transforment des zones du territoire en demeures, tanières ou maisons. Les comportements des vivants sur ces territoires, en particulier le comportement des animaux, peuvent alors changer par rapport à leur position : l’individu peut acquérir entre autres des postures agressives pour protéger son territoire ou pour garder sa demeure.

 

5. Les stratégies de permanence : territoire, langage et reproduction

C’est d’ailleurs dans cet espace familier que s’accomplissent le plus souvent les pratiques de survivance de l’espèce : la mise-bas, le soin à la progéniture, l’abri ou le repos. La coévolution de la vie et de l’environnement invite à constater que l’espèce capable de laisser la descendance la plus nombreuse aura plus de possibilités d’« hériter » du territoire.

Le modèle évolutif dit r/K est une représentation des stratégies de reproduction des espèces par rapport aux fluctuations de l’environnement selon deux syntagmatiques conséquentes  2. Pour les espèces ayant adopté le module évolutif ‘K’, on peut prévoir une croissance lente, une maturité sexuelle tardive, une grande taille, une durée de vie longue, des soins parentaux aux jeunes et une faible descendance ; en revanche, pour les espèces ayant adopté le module évolutif ‘r’, on peut constater une croissance rapide, une maturité précoce, une taille réduite, une durée de vie courte, peu ou pas de soins parentaux, une forte descendance, un régime alimentaire large, une fluctuation des populations, une faible compétition, et des communautés saturées.

Attentif à la reproduction, le colloque interrogera aussi les pratiques de permanence et de survivance, en particulier le camouflage, le mimétisme et l’imitation en tant que processus ou actions relationnelles par rapport à l’environnement et aux autres vivants. Ainsi en va-t-il du camouflage considéré comme processus ou pratique de fusion par rapport à l’environnement ; du mimétisme biologique en tant que ressemblance avantageuse avec une autre espèce ; de l’imitation en tant qu’acte ou action orientée visant à reproduire l’acte ou l’action accomplie par un individu de la même ou d’une autre espèce. Ce qui pose, plus généralement, la question de l’identité relationnelle des organismes avec leur habitat selon la couleur, la texture, la forme et le mouvement.

Une homologie traverse les disciplines convoquées pour fonder ce lien relationnel : en biologie (la théorie des neurones miroir), en éthologie (le camouflage, le mimétisme, l’imitation ainsi que les parades rituelles et le langage animal), en sémiotique (les déguisements, les cérémonies, les pratiques rituelles et le langage humain), l’un des fondements de l’acquisition du langage étant l’imitation motrice. Dans le cas des rites, une attention particulière sera accordée aux bases biologiques de l’efficacité symbolique (Axe 3).

 

6. Les marques d’énonciation des instances du vivant

Le marquage du territoire n’est pas la seule modalité d’énonciation de la présence des vivants dans un territoire. Dans les discours scientifiques, l’équilibre entre les espèces d’un même habitat est souvent attribué à un faire de la nature qui préside à un réglage homéostatique de l’habitat. En revanche la persistance ou la mutation pour s’adapter à l’habitat semblent relever des modalités de variation d’une espèce. Enfin, les solutions locales, enregistrées pour la première fois, sont attribuées à l’initiative individuelle.

La transmission de ces comportements et leur diffusion à l’espèce portent à considérer les individus comme les exécuteurs de la stratégie plus générale de maintien de l’espèce. Ainsi la reproduction de certaines plantes peut avoir recours aux animaux comme moyen de diffusion des spores ou des semences. Le fait même de confier à une autre espèce les possibilités de diffusion et donc de survivance ou de migration d’un territoire, évoque les rapports à la fois coopératifs, conflictuels ou parasitaires pouvant s’établir entre les espèces. Les alliances multiples avec les champignons et les insectes pour alimenter ou protéger une plante présupposent une capacité des plantes à s’entourer d’adjuvants et de s’en servir pour éliminer les parasites. La constatation d’une « intelligence » des plantes dans la sélection des partenaires conduit à se poser la question de l’instance d’organisation et d’adaptation du vivant. Au cours de l’histoire, le discours scientifique a proposé des réponses à des échelles différentes selon le recours à :

  • la notion globale de plan de la nature (von Uexküll, 1956) ou l’hypothèse Gaïa (Lovelock, 1999) ;
  • la notion pré-individuelle d’Intelligence de l’espèce (le génie de l’espèce de Schopenhauer) ;
  • la notion d’initiative individuelle (les solutions adoptées par les individus d’une espèce et les mécanismes de leur collectivisation).

Les chercheurs ont fait de l’une de ces instances un principe, global ou local, en tant que régulateur de la relation entre l’habitat et les espèces. Par l’étude de la littérature, biologique, éthologique et sémiotique, ainsi que par des images scientifiques conséquentes – telles que les photos de mutations environnementales et/ou des corps des vivants –, le colloque vise à saisir les changements ainsi que les instances d’énonciation convoquées par les discours scientifiques des trois domaines sollicités (Axe 4 et Axe 5).

 

Finalités

Durant ces dernières années, nous avons vu se multiplier les appels à contribution sollicitant un regard interdisciplinaire sur les problèmes soulevés par le changement climatique.

La finalité de cette rencontre est de favoriser une pensée transversale dans l’approche de l’environnement et de ses dérèglements en adoptant le point de vue des espèces dans les mutations des formes de vie. L’originalité du projet consiste à croiser le regard des sciences de la nature et celui des sciences sociales sur les relations des vivants à l’espace. Il s’agit d’acquérir un point de vue non-anthropomorphique dans le cadre des instabilités climatiques provoquées par les activités anthropiques. La plateforme offerte par le colloque constituera une base pour instaurer un dialogue ayant pour but la convergence entre ces modèles descriptifs.


 

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Axes

Axe1. Environnement : milieu/habitat/territoire/
espace familier.

Axe 2. Existants : corps, mutations, substrat biologique et efficacité symbolique.

Axe 3. Stratégies de permanence : camouflage/imitation ; coopération/conflit/
parasitage.

Axe 4. Images scientifiques :
a) Mutation et adaptation des corps et des comportements (variations des individus ou des espèces) ;
b) Mutations des environnements par les vivants (photo de satellites : déglaciation, désertification, pollution, etc.).

Axe 5. L’énonciation de l’adaptation : lectures sémiotiques de la littérature scientifique sur l’espace et les espèces vivantes en biologie, éthologie et sémiotique.

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Notes:

  1.  Pour une reconstruction philologique de la notion de Umwelt et des hésitations de von Uexküll entre l’usage d’Umwelt et Merkwelt, cf. les observations de Feuerhahn (2009). 
  2. Ce modèle de reproduction, proposé par Robert MacArthur et E. O. Wilson (1967), met en relation le nombre d’individus et le temps pour les produire. La stratégie K (pour carrying capacity of a habitat, « capacité d’accueil de l’habitat ») est basée sur une durée de vie longue et une reproduction rare et plutôt tardive. La stratégie r (reproduction rate, « taux de reproduction »), en revanche, est basée sur la production d’un grand nombre de petits, avec une mortalité très élevée. Cette dernière est une stratégie d’adaptation aux milieux instables ou imprévisibles, comme celui des micro-organismes.