L’obsession de Bacon pour le pape de Vélasquez (I)

L’obsession de Bacon pour le pape de Vélasquez* 

I. L’image latente

Auteur : Alessandro Zinna

 

Auteurs cités : L. Alloway / M. Archimbaud / M. Cappock /  H. M. Davies / G. Deleuze / J. Edwards / D. Farson / J. Frémon / M. Leiris / M. Harrison / J. Littell / F. Maubert / P. Ogden / M. Peppiatt / J. Russell / J. Santolaria / D. Sylvester /


PARTIE II   

La rencontre avec le portrait d’Innocent X fait partie des événements qui ont contribué à construire le récit mythique de la vie de Francis Bacon (Fig. 1) 1. Dans les dialogues avec David Sylvester, le peintre britannique parle de son attraction pour ce tableau et des raisons qui l’ont poussé à le reproduire par unité(s) ou par série(s). Dans ces toiles, il représente la figure comme un religieux assis, disposé dans un espace fermé, suivant le modèle de Vélasquez. Pourtant, dès la première variante de 1949, une différence évidente est introduite  : le religieux est en train de crier (Fig. 2) 2.

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Notes:

  1.  Entre les interviews, signalons D. Sylvester : Entretiens avec Francis Bacon, Skira, Genève 19962, pp. 221  ; F. Maubert : L’odeur du sang humain ne me quitte pas des yeux, Fayard, Paris, 2009, pp. 109 ; D. Farson : Francis Bacon, aspects d’une vie, Gallimard, Paris, 1994, pp. 332 ; H. M. Davies : ‘Interview with Francis Bacon’, exh. cat. The papal Portraits of 1953, Muséum of Contemporain Art, San Diego, 1999, pp. 79  ; M. Archimbaud : Francis Bacon. Entretiens, Gallimard, Paris, 1996, pp. 156.

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  2.  « Bien que cette association ait été fréquemment répétée, les ‘papes’ n’ont pas tous la bouche ouverte. Qui plus est, les ‘papes’ ne proviennent pas tous du portrait d’Innocent X, bien que ce soit le cas de la plupart. Bacon avait tendance à faire de cette image des variantes l’une après l’autre. Vélasquez était son peintre préféré et ce portrait en particulier devait exercer sur lui un attrait spécialement fort […] Mais en fait, jusqu’en 1990, Bacon n’avait jamais vu le tableau original, même pas lors de son séjour de plusieurs semaines à Rome, en 1954 ». D. Sylvester : Francis Bacon à nouveau, traduction française J. Frémon, A. Dimanche, Paris, 2006, p. 40.

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